Jean Chapas sauvé par Maitre Philippe

Jean Chapas site Maitre Philippe philippedelyon-frJean Chapas sauvé par Maitre Philippe de Lyon

Le fait relaté relève de l’extraordinaire, d’une intervention que l’on ne peut que qualifier de miraculeuse: une résurrection…
Cette anecdote, touche celui qui deviendra le principal et premier disciple de Philippe de Lyon: Jean Chapas.

Nous précisons que seul le premier récit raconté dans les livres est ici exprimé. Certains livres nous rapportant quelques fois que Monsieur Philippe aurait sauvé à deux autres reprises Jean Chapas ; bien des années après.

Sur cette guérison miraculeuse touchant à celui qui deviendra le Caporal, nous notons évidemment que les sources ne sont pas davantage d’accord entre elles, que pour plusieurs autres faits.
A la vue des extraits suivants, nous pouvons meme nous demander s’il n’y en aurait pas d’autres. Il n’est pas certain que toutes ces anecdotes ne concernent que Jean Chapas. Pourquoi alors, compte tenu du caractère exceptionnel de ces interventions, n’y est-il pas fait davantage référence et avec bien plus de précisons?

Plusieurs versions sont ainsi rapportées, par des témoins qui sont très certainement sous le choc d’un acte extraordinaire. Il est alors normal d’en trouver différentes facettes. Un seul récit, le premier est fait par un témoin direct…….A ceci près, qu’il soulève un certain nombre de questions comme nous allons le voir.

Voici une version:

« Le début de notre histoire se situe dans une cour où des menuisiers s’affairent à préparer un cercueil. Un petit cercueil.
Pour un enfant. J’étais l’un de ces menuisiers. Deux médecins sortent du petit immeuble par la porte principale et sont encore en pleine discussion.
–On n’a vraiment rien pu faire pour le sauver, cet enfant ! La science est encore bien faible !
–De toutes façons, même prévenus plus tôt, nous n’aurions pas pu le sauver. Je crois avoir diagnostiqué une méningite fulgurante.
Et vous, cher confrère ?
–Vous avez sans doute raison.
Puis insouciants : « pas vraiment mauvaise cette petite eau de vie que nous servi le père Chapas!»

Jean Chapas sauvé par Maitre Philippe site Maitre Philippe de Lyon philippedelyon-frIls s’éloignèrent dans la cour et continuèrent à pavoiser sans plus penser à l’enfant ni à la douleur des parents.
Je secouai la tête en les regardant partir. Les deux docteurs passèrent le porche quand aussitôt deux jeunes hommes les croisèrent, comme pressés.
–Il est mort il y a déjà quelques heures. J’ai mis du temps à te trouver ! Il y a eu un coma avant a dit le docteur… tu sais ce que c’est, toi, un coma ?
–Ce n’est rien, ce n’est rien. Pressons nous.
Ils s’arrêtent devant la porte et frappent. On ouvre. Un homme, d’une quarantaine d’années, les fait entrer. Manifestement, ils se se connaissent.
–Monsieur Claude (poignées de main) m’a appris la nouvelle. Nous sommes venus vous présenter nos condoléances, à vous et à Madame Chapas.
–Oh, comme tu es bien gentil, Nizier.
Nizier Philippe salua Madame Chapas qui ne dit rien.
–Viens, mon garçon, il est allongé sur son lit.
Ils montent l’escalier. La mère qui les suit les dépasse dans le long couloir et leur ouvre la porte.
Nizier Philippe entre dans la pièce, se signe, fait asseoir tout le monde, cherche autour de lui madame Chapas et lui demande:
–« Me donnes-tu ton fils maintenant ? »
Elle lui répond : « oui » sans bien comprendre ce qui est qui arrive ; alors Nizier Philippe s’approche du lit, se concentre, debout, puis lance : « Jean, je te rends ton âme ! »
Et l’invraisemblable se produit. Le défunt, blanc, reprend à mesure sa couleur de vivant, voit Nizier Philippe et lui sourit.
Émotion et joie dans l’assistance.  »

Récit dont nous pouvons convenir qu’il ne peut que soulever un certain nombre de questions…Comme par exemple:

  • Comment sait-il d’où viennent les médecins? Ou même, qu’ils sont médecins?
  • Nous notons la présence de deux médecins….Les parents sont dits d’origine modeste, mais peuvent faire venir deux médecins? Le milieu ouvrier, dont les sources nous ont donné des détails qui semblaient sérieux, n’a pourtant pas les moyens à l’époque ; et seuls quelques bourgeois plutôt aisés peuvent s’offrir un tel luxe.
  • S’il assiste à toute la scène, c’est parce qu’il a suivit les deux jeunes gens qui viennent d’arriver, dont il ne sait pas du tout, au départ, qu’ils viennent voir la famille Chapas…Nous ne voyons pas de présentations entre Nizier Anthelme et le témoin, dans ce récit.
  • Donc, comment le témoin sait-il qu’il est en présence de Philippe de Lyon, âgé d’une vingtaine d’années, et que celui-ci est là, rien moins que pour ressusciter Jean Chapas!!!
  • Non?
  • Pourquoi les suit-il? Pourquoi n’a t’il pas suivit les précédents visiteurs???
  • Ce témoin note toutes leurs paroles…..! Soit cette cour est petite et permet d’entendre tous les dialogues, soit…..serait-ce un hotel particulier?
    Comment peut-il avoir noté tous ces échanges?
  • Nous notons aussi le tutoiement de Monsieur Chapas père envers Nizier Anthelme……Avons-nous d’autres échanges de cette nature, impliquant un tutoiement envers Monsieur Philippe, de la part d’un proche d’un malade? Cette attitude indique notamment, à quel point il les connait bien…..

Une autre version, qui selon des sources, relate aussi la résurrection du disciple préféré du maitre… :

 » Un épicier, installé dans un quartier populeux et vendant à crédit, vint trouver .
Philippe qu’il connaissait déjà et lui dit que son fils, pour qui il avait cependant demandé, malade de la diphtérie, venait de mourir.
– Eh bien ; lui fut-il répondu, je serai chez toi tout à l’heure.
Arrivé à la maison de l’épicier, M. Philippe demanda à celui-ci :
– Y a-t-il beaucoup de gens qui te doivent de l’argent ;
– Oui, tenez, de tous les clients inscrits sur ce gros cahier, c’est à peine si j’ai reçu quelques acomptes.
– Exiges-tu le paiement de toutes ces dettes ?
– Non, et même je vais le mettre au feu.
Et il jeta le cahier dans la cheminée où flambait un bon feu.
Le Maître entra dans la chambre du mort où se trouvaient déjà des personnes venues pour prier auprès de lui.
– As-tu déjà demandé au médecin de constater le décès ;
– Non, je suis allé d’abord chez vous.
Alors le Maître appela le jeune homme par son prénom, et le rendit vivant à son père. Puis il recommanda aux assistants de ne rien raconter de ce qu’ils avaient vu, « parce que, dit-il, il est défendu de faire des miracles
».

Nous notons ici que Maitre Philippe demande aux témoins de ne rien raconter, de garder le secret sur ce qui vient de se dérouler, à-priori en leur présence. Comme sur nombre de données relevées ici et là, manifestement la notion de secret n’a pas été respectée…
Pourquoi aurait-il avancé la défense de faire des miracles?

En voici une petite dernière qui donne une date de 1866, ne correspondant pas, pour changer, à la date inscrite dans plusieurs livres, affichant plutôt l’année 1870:

« L’une de ses premières guérisons remonte à 1866 à la Gorge du Loup. Un enfant était mort. Deux médecins étaient venus. On prenait déjà les mesures du cercueil quand Philippe, appelé par un voisin, dit à l’enfant de se lever, ce qu’il fit au grand émoi des assistants. »

Nous pouvons constater qu’ici, il est question de « guérison » alors qu’il est spécifié que l’enfant est mort, quelques mots après, dans la meme phrase…Ce qui dénote là aussi que tout est une question d’interprétation, et de point de vue.

Nous laissons aux lecteurs la liberté d’interprétation de ces lectures. A préciser cependant qu’en dehors du fait des observations d’éléments qui peuvent interpeller, le propos ne juge pas, mais relève plutôt des incompréhensions.

Il y a très certainement des questions ou étonnements auxquels nous ne pensons pas. Vous êtes invités à évoquer les points pouvant enrichir le sujet.

Ces données montrent également la distance qu’il est nécessaire de prendre, dans toute lecture. Tous ces extraits figurent dans des livres recensés dans la bibliographie

Philippe de Lyon appelé Maitre Philippe de son vivant

philippedelyon.fr Mr Philippe appelé Maitre Philippe de son vivant portrait Philippe de LyonMaitre Philippe de Lyon n’a jamais été appelé « Maitre » de son vivant par ses disciples, et pas uniquement par ces derniers comme nous allons le voir, mais aussi par une partie des personnes l’ayant approché.

Certes ici-même, dans les premières publications, nous avons avancé que jamais Monsieur Philippe n’avait été appelé Maitre durant son existence.
Eh bien c’est tout à fait inexact.

Ce site a débuté en ayant lu les premiers livres, mais pas si attentivement que cela manifestement. Nous trouvons en effet un certain nombre d’éléments qui ne peuvent prêter à confusion sur ce sujet en particulier.
Pour une fois que nous avons à notre disposition, une donnée dont tous les éléments nous apportent la preuve de l’authenticité, nous aurions tort de bouder notre plaisir.

Pour énoncer une des définitions émises par plusieurs éminents hermétistes, nous choisissons de débuter en citant Papus, dont certains extraits de la conférence de juin 1912, consacrée à son approche du terme de « Maitre », sont publiés par l’auteur d’un des premiers livres consacrés à Philippe de Lyon. Nous trouvons dans ces quelques mots, un aperçu de ce que représente le Maitre spirituel, rapportés par le fils de Gérard Encausse, Philippe Encausse:

« Le Maître proprement dit, celui qui, seul, a véritablement droit à ce titre celui qui est chargé d’évoluer les facultés spirituelles de l’humanité, qui fait appel à des forces que bien peu comprennent et dont la puissance est extraordinaire. C’est le Maître spirituel, selon l’expression même de Papus, celui qui a été nommé le Maître inconnu par Marc Haven dans son très bel ouvrage consacré à « Cagliostro » et l’Homme libre par Paul Sédir dans ses émouvants commentaires sur l’Evangile. C’est de lui que Sédir a dit dans une de ses conférences : Mais lorsque le Maître paraît, c’est comme un soleil qui se lève dans le coeur du disciple ; tous les nuages s’évanouissent ; toutes les gangues se désagrègent ; une clarté nouvelle s’épand, semble-t-il, sur le monde ; l’on oublie amertumes désespoirs et anxiétés ; le pauvre coeur si las s’élance vers les radieux paysages entrevus, sur lesquels la paisible splendeur de l’éternité déploie ses gloires ; plus rien de terne n’assombrit la nature ; tout enfin s’accorde dans l’admiration, l’adoration et l’amour. »

et, dans le même temps, toujours dans le meme propos…:

Il est dangereux de se laisser appeler « Maître », parce que, outre l’évocation des êtres d’orgueil qui veillent autour de nous, cela donne à celui qui accepte ce titre la responsabilité de toutes les fautes commises par ses soi-disant disciples

Ainsi votre serviteur, qui n’est réellement qu’un pauvre soldat dans cette armée n’ayant même pas pu y obtenir les galons de caporal, est désagréablement impressionné chaque fois qu’on lui envoie par le nez le titre de « Maître »

Je me console en me figurant que je fais un voyage en Italie. Dans ce charmant pays, on vous donne un titre nobiliaire selon la valeur du pourboire que vous distribuez aux employés (les trains ; pour 50 centimes, vous êtes chevalier : pour 1 franc, vous êtes duc ou excellence ; et pour 5 francs, vous êtes au moins prince. Le nombre de Maîtres qui sont maîtres, comme le voyageur en Italie est prince, est tellement grand sur terre, surtout dans les centres intellectuels, que le véritable Maître a raison de rester inconnu. »
Nous pourrions presque attribuer ces dernières phrases à Monsieur Philippe…..

philippedelyon.fr appelé Maitre de son vivant portrait PapusCette présentation, qui ne sera peut-être prononcée qu’une seule fois, à l’occasion d’un discours, en 1912, donc bien après le décès de M.Philippe, en 1905, ne laisse cependant pas de doutes sur une des nombreuses expressions de la part de Gérard Encausse pour évoquer la personnalité de Nizier Anthelme Philippe, pour lequel il n’a eu de cesse de manifester son admiration. Comme nous allons le voir, ce « Balzac de l’occultisme », comme plusieurs autres témoins et disciples, n’a pas attendu le décès de celui que nous pouvons désigner alors comme le Maitre Philippe, pour exprimer à quel point les pouvoirs manifestés par ce thaumaturge, ne pouvaient que faire l’objet de cette appellation.
Ce point de vue, peut nous permettre de mieux appréhender pourquoi nous pouvons trouver plusieurs passages relatifs aux appellations données à Monsieur Philippe, dont une du Dr Encausse lui-même.
Nous allons en effet voir que le terme de « Maitre » parvient plusieurs fois, du moins, pour ce qui nous est parvenu, dans les livres…Comme nous allons le lire, tant aux oreilles, qu’aux yeux de Monsieur Philippe.
Nous en trouvons même trace dans le discours d’ouverture de l’école de magnétisme de Lyon, en 1895.

A commencer par le sonnet récité à l’occasion de sa fete, objet d’un des derniers articles, mais que nous reprenons sur ces lignes:

Cher Bienfaiteur, mon Ange gardien m’a dit :
Va mon enfant chéri, va toi le plus petit
Parler bien doucement, comme dans ta prière,
A l’apôtre Divin que Dieu mit sur la terre.

Au nom de tous, dis-lui que le sien est béni,
Que notre coeur lui donne un amour infini ;
Dis-lui que sa grande âme, enfant nous est bien chère,
Qu’il est notre Sauveur, notre bienveillant père.

Pour célébrer sa douce et sainte fête,
Ouvre ton coeur, joins les mains, sois poète,
Dis, pour nous tous, en accents très émus :
O Maître aimé votre beau front rayonne,

D’une éclatante et céleste couronne,
Auréole d’Amour faite de vos vertus.

En suivant, nous avons, du premier de ses disciples, la lettre de Jean Chapas adressée à Maitre Philippe,

site Maitre Philippe de Lyon Jean-Chapas-www.philippedelyon.frJe reconnais parfaitement que de tous les maux que j’ai, je mériterais beaucoup plus.
Je voudrais mieux faire ; chaque fois que je me suis promis cela, je n’ai pas tenu. Je vous demande, mon cher Maitre, votre aide et votre protection pour améliorer ce mal qui est en moi. C’est l’orgueil, la paresse, la gourmandise, ainsi que les autres péchés capitaux.
Je voudrais faire ce que vous nous demandez, cher Maitre ayez pitié de ma faiblesse.
S’il me faut des adversités pour que mon coeur soit meilleur, ne m’épargnez pas, car je voudrais si c’est possible, être au nombre de vos soldats..

Je me reconnais indigne de tout cela, meme de vous demander, car je me rends compte que tout en moi ne vaut rien. Je me fais honte tellement je reconnais que je vaux peu de chose.
J’espère, mon Cher Maitre, que vous exaucerez mes demandes, dans la mesure du possible.
Votre serviteur

comme une autre lettre adressée elle par Gérard Encausse, Papus, également à Maitre Philippe, que nous reproduisons ici:

Cher et bon Maitre,

J’ai reçu votre lettre et vous en remercie, car c’est toujours une joie de voir votre écriture si désirée. ce que vous me dites est trop juste pour que je ne vous assure pas de mon obéissance immédiate. Je vous en ai parlé lors de notre entrvue à Lyon et vous ne m’avez pas fait d’objection à ce moment. Vous m’avez fait connaitre et aimer le Christ
De cela, je vous suis éternellement reconnaissant et je n’ai pas pu m’empêcher de prononcer le nom de l’Ami, en parlant du Grand Berger.
Si j’ai fait ainsi appel à votre autorité, c’est que depuis plusieurs années et en ce moment encore nous nous battons contre un mouvement anti-chrétien très solidement organisé.
Ce mouvement se fait par des revues et par des livres et c’est sur ce meme terrain que je m’efforce de combattre, bien qu’étant très certainement plus pêcheur et plus orgueilleux que mes frères qui attaquent le Christ.
Mais du moins, je m’efforce de faire aimer les évangiles et leur auteur.
Mr Philippe appelé Maitre Philippe de son vivantLe ciel m’est témoin qu’en Russie, je vous ai fais aimer sans vous nommer et que c’est l’indiscrétion d’un Martiniste qui a fait connaitre votre nom aux puissants de là-bas.

Ils l’ont chèrement payé, puisque les petits ont perdu votre visite et qu’ils ne vous ont plus jamais vu du jour où vous avez été appelé par le palais. Chaque fois que je suis passé quelque part, on vous a aimé et honoré ; chaque fois qu’on est venu vers vous à la suite de mon enthousiasme, on vous a un peu compris et plus aimé.
Je ne vous cacherai pas que, chaque fois aussi, on s’est détourné de moi et on m’a mis en accusation. Que m’importe puisque votre amitié me reste.
Je viens encore à vous, cher maitre, et je vous demande de ne pas laisser ceux qui se battent pour les idées que vous leur avez appris à aimer. Ne nous abandonnez pas si nous sommes pécheurs ou orgueilleux et soyez toujours notre bon Philippe, comme je voudrais etre toujours,
Votre bien dévoué petit fermier

Gérard Encausse

Toutes ces lettres sont publiées dans des ouvrages référencés dans la bibliographie

On peut découvrir bien d’autres données, comme tout ce qui est étudié ici, en lisant attentivement les publications de toutes sortes. Il est cependant indispensable de ne rien prendre à la lettre.

Nous trouvons des propos tenus également dans le cadre des séances:
…. »Vous me demandez ma protection ; mais je ne peux pas plus que vous protéger personne. Vous venez ici, vous êtes soulagés. Les uns viennent pour maladie, les autres pour des peines morales, mais tous vous demandez du soulagement. Vous restez quelques heures dans de bons sentiments avec l’esprit vers le bien. (26-5-1903)
Quelquefois vous vous dites : N’allons pas là malgré tout vous êtes poussés à y venir. Ce sont vos anges gardiens qui vous poussent ; et ne trouvez-vous pas qu’en sortant d’ici vous êtes allégés, que vous vous sentez plus forts ? (27-11-1894)
Vous serez tous un peu soulagés, mais il faut me promettre d’être sages. Savez-vous ce qu’il faut faire pour cela ; Simplement ne pas dire du mal de son prochain.
Ah ! si, je vous permets d’en dire mais en sa présence ; (12-7-1897)
Tout ce que je vous ai dit et que je vous dis, je l’ai prouvé, car Celui qui m’a envoyé m’a donné le pouvoir de vous présenter des preuves. Y en a-t-il qui puissent dire que je n’ai pas prouvé tout ce j’ai dit ; On lui répondit : « Maître, vous avez tout ce que vous avez dit
»….

Ou dans un récit narré par un des témoins. L’anecdote est ici entière pour comprendre le contexte des propos:
Un épicier, installé dans un quartier populeux et vendant à crédit, vint trouver. Philippe qu’il connaissait déjà et lui dit que son fils, pour qui il avait cependant demandé, malade de la diphtérie, venait de mourir.
– Eh bien ; lui fut-il répondu, je serai chez toi tout à l’heure.
Arrivé à la maison de l’épicier, M. Philippe demanda à celui-ci :
– Y a-t-il beaucoup de gens qui te doivent de l’argent ;
– Oui, tenez, de tous les clients inscrits sur ce gros cahier, c’est à peine si j’ai reçu quelques acomptes.
– Exiges-tu le paiement de toutes ces dettes ?
– Non, et même je vais le mettre au feu.
Et il jeta le cahier dans la cheminée où flambait un bon feu.
Le Maître entra dans la chambre du mort où se trouvaient déjà des personnes venues pour prier auprès de lui.
– As-tu déjà demandé au médecin de constater le décès ;
– Non, je suis allé d’abord chez vous.
Alors le Maître appela le jeune homme par son prénom, et le rendit vivant à son père. Puis il recommanda aux assistants de ne rien raconter de ce qu’ils avaient vu,
« parce que, dit-il, il est défendu de faire des miracles ».
Un jeune homme nommé Fier, qui avait un goître, avait ait demander par M.Laurent sa guérison au Maître.
– A quoi bon, dans un an il doit partir de l’autre côté.
Après cette réponse catégorique, dit M. Laurent, j’osai insister en lui disant :
« Malgré tout je vous en supplie, ô Maître, daignez guérir Fier de son goître ».
Quelques jours plus tard, je vis Fier venir à moi et me remercier d’avoir obtenu sa guérison. Je lui fis remarquer que le Maître seul devait être remercié.
Un an plus tard, le Maître me dit : « Fier est bien malade ; veuillez aller voir si sa mère a quelque besoin ».
Je me rendis auprès de Fier qui était au plus mal. Sa mère en pleurs me dit :
« Vous voyez ma triste situation ; non seulement mon père que vous voyez malade est au lit depuis longtemps, mais mon fils est à ses derniers moments. Cette nuit je vais sans doute me trouver toute seule et j’appréhende de le voir mourir ».
Je fis tous mes efforts pour réconforter cette pauvre mère et, au moment où je lui disais que le Maître m’envoyait à elle, le Maître entrait et, s’approchant du lit de Fier, il dit après quelques secondes de silence :
« Fier, regarde ».
Et, élevant la main il lui désigna un endroit.
– Vois-tu ce que je te montre ?
– Oh ; que c’est beau ;
– C’est beau ; c’est là que tu vas aller. N’oublie pas, lorsque tu seras là, ceux que tu laisses ici-bas.
Puis, après quelques secondes, le Maître dit au jeune homme : « Fier, rends-moi ton âme ».
A ce moment, Fier, dont un sourire baignait les lèvres, poussa un profond soupir et rendit son âme à celui qui la lui demandait.
Mme Boudarel, Mlle Félicie, ainsi que la mère de Fier étaient présentes
.

Comment affirmer dans ce contexte que Philippe de Lyon n’a jamais été appelé Maitre, et pas uniquement par ses disciples, de son vivant?
Nous n’avons par contre, pas connaissance d’éléments pouvant induire qu’il ait demandé d’être appelé Maitre. Cependant, si l’on prend en compte les propos rapportés sous diverses formes quant à l’humilité, comme le « statut » qu’il s’est donné lui-même de « Chien du berger« , il nous semblerait contradictoire d’envisager cette possibilité.

Pour conclure, nous reprendrons une phrase empruntée à Mme Jouffroy Grandjean nous donnant alors une belle illustration de l’appellation de « Maitre Philippe »:

« …Dire Maitre Philipe, c’est reconnaitre la force que Dieu mettait en lui, pour lui permettre de réaliser son destin, sa vocation »

Ne semble-t’il donc pas légitime que Monsieur Philippe ait entendu ou lu ce qualificatif de son vivant?

Marc Haven Emmanuel Lalande: Un Inconnu

Marc Haven Emmanuel Lalande Portrait de Maitre philippedelyon.frMarc Haven Emmanuel Lalande dresse ici un Portrait de Maitre Philippe.

Pour ce portrait de Monsieur Philippe, Marc Haven -Emmanuel Lalande, semble brosser entre les lignes de son ouvrage, Le Maitre Inconnu Cagliostro, les traits d’un autre authentique Maitre qu’est à ses yeux, Nizier Anthelme Philippe, son beau-père…
Ce site s’est permis cet emprunt parce qu’il ne serait pas concevable de laisser de côté ce témoignage.

En suivant, nous retrouvons des éléments d’une lettre évoquant également Monsieur Philippe, toujours sous la plume d’Emmanuel Lalande, mais rapportés par sa seconde épouse, Marie Lalande.

Voici donc ce qui constitue l’épilogue du livre cité plus haut, le Maitre Inconnu:

« Qu’importaient à ses disciples les heures de sommeil de Cagliostro ? Qu’importent à l’histoire les journées muettes de son enfance ?

Il paraît séchant les pleurs, relevant les blessés de la vie, donnant au voyageur égaré la force et le courage de marcher jusqu’au jour, semant dans les ténèbres la joie et la beauté, illuminant des cieux héroïques, glorieux échanson du breuvage d’immortalité. Voilà ce qui importe à l’humanité, ce dont la terre se souvient; ce sont là les diamants que la terre enfouissait précieusement en soit sein et qui marqueront éternellement chacun des actes de sa vie. Ces lettres de lumière, on peut les lire; ces voix de la terre, on peut les entendre, elles parlent de, lui. Si nos yeux sont bien troubles encore et nos oreilles bien inexpertes pour en recevoir le témoignage, du moins n’est-ce pas à des phrases de gazetiers, à des rapports de policiers que nous demanderons son nom, ses titres et sa race. C’est Cagliostro lui-même qui nous les dira; faisons passer devant nous les tableaux de cette existence merveilleuse, que nous avons essayé de rétablir dans leur véritable lumière, ces dix années d’enseignement, de bienfaisance et de martyr; évoquons ces foules à genoux, ces grands de la terre, si petits devant lui; revoyons cet être, aussi sublime dans l’amour que dans la sagesse, et, à la clarté de cette vision lumineuse, reprenons les pages, si odieusement ridiculisées, où Cagliostro nous a parlé de lui (2). Voici ce que nous y lirons :

Je ne suis d’aucune époque ni d’aucun lieu ; en dehors du temps et de l’espace, mon être spirituel vit son éternelle existence, et, si je plonge dans ma pensée en remontant le cours des âges, si j’étends mon esprit vers un mode d’existence éloigné de celui que vous percevez je deviens celui que je désire. Participant consciemment à l’être absolu, je règle mon action selon le milieu qui m’entoure. Mon nom est celui de ma fonction et je le choisis, ainsi que ma fonction, parce que je suis libre ; mon pays est celui où je fixe momentanément mes pas. Datez-vous d’hier, si vous le voulez, en vous rehaussant d’années vécues par des ancêtres qui vous furent étrangers ; ou de demain, par l’orgueil illusoire d’une grandeur qui ne sera peut-être jamais la vôtre ; moi je suis celui qui est.

Je n’ai qu’un père : différentes circonstances de ma vie m’ont fait soupçonner à ce sujet de grandes et émouvantes vérités ; mais les mystères de cette origine, et les rapports qui m’unissent à ce père inconnu, sont et restent mes secrets ; que ceux qui seront appelés à les deviner, à les entrevoir, comme je l’ai fait, me comprennent et m’approuvent. Quant eu lieu, à l’heure, où mon corps matériel, il y a quelque quarante ans, se forma sur cette terre ; quant à la famille que j’ai choisie pour cela, je veux l’ignorer ; je ne veux pas me souvenir du passé pour ne pas augmenter les responsabilités déjà lourdes de ceux qui m’ont connu, car il est écrit : « Tu ne feras pas tomber l’aveugle ».

Je ne suis pas né de la chair, ni de la volonté de l’homme : je suis né de l’esprit. Mon nom, celui qui est à moi et de moi, celui que j’ai choisi pour paraître au milieu de vous, voilà celui que je réclame.

Celui dont on m’appela à ma naissance, celui qu’on m’a donné dans ma jeunesse, ceux sous lesquels, en d’autre temps et lieux, je fus connu, je les ai laissés, comme j’aurais laissé des vêtements démodés et désormais inutiles.

Marc Haven Emmanuel Lalande Portrait de Maitre philippedelyon.frMe voici : je suis noble et voyageur ; je parle, et votre âme frémit en reconnaissant d’anciennes paroles ; une voix, qui est en vous, et qui s’était tue depuis bien longtemps, réponds à l’appel de la mienne ; j’agis, et la paix revient en vos coeurs, la santé dans vos corps, l’espoir et le courage dans vos âmes. Tous les hommes sont mes frères ; tous les pays me sont chers ; je les parcours pour que, partout, l’Esprit puisse descendre et trouver un chemin vers vous. Je ne demande aux rois, dont je respecte la puissance, que l’hospitalité sur leurs terres, et, lorsqu’elle m’est accordée, je passe, faisant autour de moi le plus de bien possible ; mais je ne fais que passer.
Suis-je un noble voyageur ?

Comme le vent du Sud (3), comme l’éclatante lumière du Midi qui caractérise la pleine connaissance des choses et la communion active avec Dieu, je viens vers le Nord, vers la brume et le froid, abandonnant partout à mon passage quelques parcelles de moi-même, me dépensant, me diminuant à chaque station, mais vous laissant un peu de clarté, un peu de chaleur, un peu de force, jusqu’à ce que je sois enfin arrêté et fixé définitivement au terme de ma carrière, à l’heure où la rose fleurira sur la croix. Je suis Cagliostro.

Pourquoi vous faut-il quelque chose de plus ? Si vous étiez des enfants de Dieu, si votre âme n’était pas si vaine et si curieuse, vous auriez déjà compris !

Mais il vous faut des détails, des signes et des paraboles ; or, écoutez ! remontons bien loin dans le passé, puisque vous le voulez.

Toute lumière vient de l’Orient ; toute initiation de l’Égypte ; j’ai eu trois ans comme vous, puis sept ans, puis l’âge d’homme, et à partir de cet âge, je n’ai plus compté. Trois septénaires d’années font vingt et un ans et réalisent la plénitude du développement humain. Dans ma première enfance, sous la loi de rigueur et de justice (4) j’ai souffert en exil, comme Israël parmi les nations étrangères. Mais comme Israël avait avec lui la présence de Dieu, comme un Métatron le gardait en ses chemins, de même un ange puissant veillait sur moi, dirigeait mes actes, éclairait mon âme, développant les forces latentes en moi.(5) Lui était mon maître et mon guide.

Ma raison se formait et se précisait ; je m’interrogeais, je m’étudiais et je prenais conscience de tout ce qui m’entourait. J’ai fait des voyages, plusieurs voyages tant autour de la chambre de mes réflexions que dans les temples et dans les quatre parties du monde ; mais lorsque je voulais pénétrer l’origine de mon être et monter vers DIEU dans un élan de mon âme, alors, ma raison impuissante se taisait et me laissait livré à mes conjectures.

Un amour qui m’attirait vers toute créature d’une façon impulsive, une ambition irrésistible, un sentiment profond de mes droits à toute chose de la terre au ciel, me poussaient et me jetaient vers la vie, et l’expérience progressive de mes forces, de leur sphère d’action, de leur jeu et de leurs limites, fut la lutte que j’eus à soutenir contre les puissances du monde (6) ; je fus abandonné et tenté dans le désert ; j’ai lutté avec l’ange comme Jacob, avec les hommes et avec les démons, et ceux-ci, vaincus, m’ont appris les secrets qui concernent l’empire des ténèbres pour que je ne puisse jamais m’égarer dans aucune des routes d’où l’on ne revient pas.

Un jour ? après combien de voyages et d’années ! ? le Ciel exauça mes efforts ; il se souvint de son serviteur et revêtu d’habits nuptiaux j’eus la grâce d’être admis, comme Moïse devant l’Éternel.(7)Dès lors je reçus, avec un nom nouveau, une mission unique.

Libre et maître de la vie, je ne songeai plus qu’à l’employer pour l’oeuvre de Dieu. Je savais qu’Il confirmerait mes actes et mes paroles, comme je confirmerais son nom et son royaume sur la terre. Il y a des êtres qui n’ont plus d’anges gardiens (8); je fus de ceux-là.

Voilà mon enfance, ma jeunesse, telle que votre esprit inquiet et désireux de mots la réclame ; mais qu’elle ait duré plus ou moins d’années, qu’elle se soit écoulée au pays de vos pères ou dans d’autres contrées qu’importe à vous ? Ne suis-je pas un homme libre ? Jugez mes moeurs, c’est-à-dire mes actions, dites si elles sont bonnes, dites si vous en avez vu de plus puissantes, et dès lors, ne vous occupez pas de ma nationalité, de mon rang et de ma religion.

Si poursuivant le cours heureux de ses voyages quelqu’un d’entre vous aborde un jour à ces terres d’Orient qui m’ont vu naître, qu’il se souvienne seulement de moi, qu’il prononce mon nom, et les serviteurs de mon père ouvriront devant lui les portes de la ville sainte. Alors qu’il revienne dire à ses frères si j’ai abusé parmi vous d’un prestige mensonger, si j’ai pris dans vos demeures quelque chose qui ne m’appartenait pas!

1) Epilogue du livre « Le Maitre Inconnu, Cagliostro » p.281 à 284 paru aux éditions Pythagore en 1932, cité dans la bibliographie
2) Mémoire pour le comte de cagliostro accusé contre 1e Procureur général. S.L. (Paris), 1786. in-16, – page 12 sqq,
3) Cagliostro, d’après deux racines Italiennes, peut s’interpréter : le vent du Sud qui se fixe, qui adoucit et tempère.
4) Médine. Loc.cit. p.12
5) Althotas. Loc.cit. p.13
6) Trébizonde. Loc.cit. p.16
7) La Mecque. Loc.cit. p.19
8) Mort d’Althotas. Loc.cit. p.19

Dans cette seconde partie, nous retrouvons des éléments qui selon les faits rapportés par Marie Lalande, sa seconde épouse, seraient issus d’un courrier envoyé par Emmanuel Lalande, à un ami.
Il était, Lui, tellement différent de nous, tellement grand en connaissance, si libre, que nulles de nos mesures ne s’adaptaient à Lui. Logique, morale, sentiment de la famille, tout cela n’était pas pour Lui ce que c’est pour nous, puisque la vie entière se présentait à Lui avec le passé et l’avenir liés ensemble en un seul tout spirituel dont Il savait la nature, l’essence, les raisons, les lois ; dont Il possédait les rouages. Parler de Lui ? Mais il faudrait déjà avoir pu pendant des jours parler avec celui à qui on voudrait exprimer sa pensée, de tout ce qui nous entoure, matière et force, pensée et sensation, et être arrivé à une conception parfaite, identique, tous deux, de tout l’Univers et de nous. Après, il faudrait que celui qui écoute, arrivât à se représenter, à sentir surtout – car le centre de tout en nous, c’est le coeur et non pas la raison – la réalité, la vérité d’un être tel que Lui, non comme possible, mais comme nécessaire. Et alors celui qui parlerait de Lui pourrait être compris, peut-être ! »

« … Et puis je vous l’ai dit aussi, l’enseignement de M. Philippe se résumait à peu, bien peu de choses. Un seul point d’où tout dépend : la modification de soi-même, la forge, le modelage, la trempe du moi, jusqu’à ce qu’il ne soit plus que néant comme égoïsme, qu’amour, qu’acte de bonté pour autrui. Parce que sans cela tout est nécessairement faux, appelé à la mort, science comme vertus, actes comme théories ou pensées, vie ou bonheur, tout ! Et qu’avec cela tout est donné, progrès, harmonie, pouvoir, bonheur et possibilité de faire des heureux, et connaissance progressive de tout, du monde, des hommes et de Dieu.

« Je vous jure que c’est tout et que M. Philippe n’a enseigné ni pratiqué rien d’autre. Mais comme Lui était déjà haut sur cette route, si haut que nous ne pouvons pas dire s’il était aux trois-quarts du sommet ou par-delà le sommet, puisque nous sommes en bas. Il avait, Lui, cette connaissance, ce pouvoir dont je vous parle plus haut et dont notre désir rêve, et il donnait par ses bienfaits, cures morales et physiques, actes de science ou de miracle (c’est-à-dire sur-science pour nous) des preuves que son enseignement était vrai. » Docteur Lalande : Marc Haven.