Philippe de Lyon appelé Maitre Philippe de son vivant

philippedelyon.fr Mr Philippe appelé Maitre Philippe de son vivant portrait Philippe de LyonMaitre Philippe de Lyon n’a jamais été appelé « Maitre » de son vivant par ses disciples, et pas uniquement par ces derniers comme nous allons le voir, mais aussi par une partie des personnes l’ayant approché.

Certes ici-même, dans les premières publications, nous avons avancé que jamais Monsieur Philippe n’avait été appelé Maitre durant son existence.
Eh bien c’est tout à fait inexact.

Ce site a débuté en ayant lu les premiers livres, mais pas si attentivement que cela manifestement. Nous trouvons en effet un certain nombre d’éléments qui ne peuvent prêter à confusion sur ce sujet en particulier.
Pour une fois que nous avons à notre disposition, une donnée dont tous les éléments nous apportent la preuve de l’authenticité, nous aurions tort de bouder notre plaisir.

Pour énoncer une des définitions émises par plusieurs éminents hermétistes, nous choisissons de débuter en citant Papus, dont certains extraits de la conférence de juin 1912, consacrée à son approche du terme de « Maitre », sont publiés par l’auteur d’un des premiers livres consacrés à Philippe de Lyon. Nous trouvons dans ces quelques mots, un aperçu de ce que représente le Maitre spirituel, rapportés par le fils de Gérard Encausse, Philippe Encausse:

« Le Maître proprement dit, celui qui, seul, a véritablement droit à ce titre celui qui est chargé d’évoluer les facultés spirituelles de l’humanité, qui fait appel à des forces que bien peu comprennent et dont la puissance est extraordinaire. C’est le Maître spirituel, selon l’expression même de Papus, celui qui a été nommé le Maître inconnu par Marc Haven dans son très bel ouvrage consacré à « Cagliostro » et l’Homme libre par Paul Sédir dans ses émouvants commentaires sur l’Evangile. C’est de lui que Sédir a dit dans une de ses conférences : Mais lorsque le Maître paraît, c’est comme un soleil qui se lève dans le coeur du disciple ; tous les nuages s’évanouissent ; toutes les gangues se désagrègent ; une clarté nouvelle s’épand, semble-t-il, sur le monde ; l’on oublie amertumes désespoirs et anxiétés ; le pauvre coeur si las s’élance vers les radieux paysages entrevus, sur lesquels la paisible splendeur de l’éternité déploie ses gloires ; plus rien de terne n’assombrit la nature ; tout enfin s’accorde dans l’admiration, l’adoration et l’amour. »

et, dans le même temps, toujours dans le meme propos…:

Il est dangereux de se laisser appeler « Maître », parce que, outre l’évocation des êtres d’orgueil qui veillent autour de nous, cela donne à celui qui accepte ce titre la responsabilité de toutes les fautes commises par ses soi-disant disciples

Ainsi votre serviteur, qui n’est réellement qu’un pauvre soldat dans cette armée n’ayant même pas pu y obtenir les galons de caporal, est désagréablement impressionné chaque fois qu’on lui envoie par le nez le titre de « Maître »

Je me console en me figurant que je fais un voyage en Italie. Dans ce charmant pays, on vous donne un titre nobiliaire selon la valeur du pourboire que vous distribuez aux employés (les trains ; pour 50 centimes, vous êtes chevalier : pour 1 franc, vous êtes duc ou excellence ; et pour 5 francs, vous êtes au moins prince. Le nombre de Maîtres qui sont maîtres, comme le voyageur en Italie est prince, est tellement grand sur terre, surtout dans les centres intellectuels, que le véritable Maître a raison de rester inconnu. »
Nous pourrions presque attribuer ces dernières phrases à Monsieur Philippe…..

philippedelyon.fr appelé Maitre de son vivant portrait PapusCette présentation, qui ne sera peut-être prononcée qu’une seule fois, à l’occasion d’un discours, en 1912, donc bien après le décès de M.Philippe, en 1905, ne laisse cependant pas de doutes sur une des nombreuses expressions de la part de Gérard Encausse pour évoquer la personnalité de Nizier Anthelme Philippe, pour lequel il n’a eu de cesse de manifester son admiration. Comme nous allons le voir, ce « Balzac de l’occultisme », comme plusieurs autres témoins et disciples, n’a pas attendu le décès de celui que nous pouvons désigner alors comme le Maitre Philippe, pour exprimer à quel point les pouvoirs manifestés par ce thaumaturge, ne pouvaient que faire l’objet de cette appellation.
Ce point de vue, peut nous permettre de mieux appréhender pourquoi nous pouvons trouver plusieurs passages relatifs aux appellations données à Monsieur Philippe, dont une du Dr Encausse lui-même.
Nous allons en effet voir que le terme de « Maitre » parvient plusieurs fois, du moins, pour ce qui nous est parvenu, dans les livres…Comme nous allons le lire, tant aux oreilles, qu’aux yeux de Monsieur Philippe.
Nous en trouvons même trace dans le discours d’ouverture de l’école de magnétisme de Lyon, en 1895.

A commencer par le sonnet récité à l’occasion de sa fete, objet d’un des derniers articles, mais que nous reprenons sur ces lignes:

Cher Bienfaiteur, mon Ange gardien m’a dit :
Va mon enfant chéri, va toi le plus petit
Parler bien doucement, comme dans ta prière,
A l’apôtre Divin que Dieu mit sur la terre.

Au nom de tous, dis-lui que le sien est béni,
Que notre coeur lui donne un amour infini ;
Dis-lui que sa grande âme, enfant nous est bien chère,
Qu’il est notre Sauveur, notre bienveillant père.

Pour célébrer sa douce et sainte fête,
Ouvre ton coeur, joins les mains, sois poète,
Dis, pour nous tous, en accents très émus :
O Maître aimé votre beau front rayonne,

D’une éclatante et céleste couronne,
Auréole d’Amour faite de vos vertus.

En suivant, nous avons, du premier de ses disciples, la lettre de Jean Chapas adressée à Maitre Philippe,

site Maitre Philippe de Lyon Jean-Chapas-www.philippedelyon.frJe reconnais parfaitement que de tous les maux que j’ai, je mériterais beaucoup plus.
Je voudrais mieux faire ; chaque fois que je me suis promis cela, je n’ai pas tenu. Je vous demande, mon cher Maitre, votre aide et votre protection pour améliorer ce mal qui est en moi. C’est l’orgueil, la paresse, la gourmandise, ainsi que les autres péchés capitaux.
Je voudrais faire ce que vous nous demandez, cher Maitre ayez pitié de ma faiblesse.
S’il me faut des adversités pour que mon coeur soit meilleur, ne m’épargnez pas, car je voudrais si c’est possible, être au nombre de vos soldats..

Je me reconnais indigne de tout cela, meme de vous demander, car je me rends compte que tout en moi ne vaut rien. Je me fais honte tellement je reconnais que je vaux peu de chose.
J’espère, mon Cher Maitre, que vous exaucerez mes demandes, dans la mesure du possible.
Votre serviteur

comme une autre lettre adressée elle par Gérard Encausse, Papus, également à Maitre Philippe, que nous reproduisons ici:

Cher et bon Maitre,

J’ai reçu votre lettre et vous en remercie, car c’est toujours une joie de voir votre écriture si désirée. ce que vous me dites est trop juste pour que je ne vous assure pas de mon obéissance immédiate. Je vous en ai parlé lors de notre entrvue à Lyon et vous ne m’avez pas fait d’objection à ce moment. Vous m’avez fait connaitre et aimer le Christ
De cela, je vous suis éternellement reconnaissant et je n’ai pas pu m’empêcher de prononcer le nom de l’Ami, en parlant du Grand Berger.
Si j’ai fait ainsi appel à votre autorité, c’est que depuis plusieurs années et en ce moment encore nous nous battons contre un mouvement anti-chrétien très solidement organisé.
Ce mouvement se fait par des revues et par des livres et c’est sur ce meme terrain que je m’efforce de combattre, bien qu’étant très certainement plus pêcheur et plus orgueilleux que mes frères qui attaquent le Christ.
Mais du moins, je m’efforce de faire aimer les évangiles et leur auteur.
Mr Philippe appelé Maitre Philippe de son vivantLe ciel m’est témoin qu’en Russie, je vous ai fais aimer sans vous nommer et que c’est l’indiscrétion d’un Martiniste qui a fait connaitre votre nom aux puissants de là-bas.

Ils l’ont chèrement payé, puisque les petits ont perdu votre visite et qu’ils ne vous ont plus jamais vu du jour où vous avez été appelé par le palais. Chaque fois que je suis passé quelque part, on vous a aimé et honoré ; chaque fois qu’on est venu vers vous à la suite de mon enthousiasme, on vous a un peu compris et plus aimé.
Je ne vous cacherai pas que, chaque fois aussi, on s’est détourné de moi et on m’a mis en accusation. Que m’importe puisque votre amitié me reste.
Je viens encore à vous, cher maitre, et je vous demande de ne pas laisser ceux qui se battent pour les idées que vous leur avez appris à aimer. Ne nous abandonnez pas si nous sommes pécheurs ou orgueilleux et soyez toujours notre bon Philippe, comme je voudrais etre toujours,
Votre bien dévoué petit fermier

Gérard Encausse

Toutes ces lettres sont publiées dans des ouvrages référencés dans la bibliographie

On peut découvrir bien d’autres données, comme tout ce qui est étudié ici, en lisant attentivement les publications de toutes sortes. Il est cependant indispensable de ne rien prendre à la lettre.

Nous trouvons des propos tenus également dans le cadre des séances:
…. »Vous me demandez ma protection ; mais je ne peux pas plus que vous protéger personne. Vous venez ici, vous êtes soulagés. Les uns viennent pour maladie, les autres pour des peines morales, mais tous vous demandez du soulagement. Vous restez quelques heures dans de bons sentiments avec l’esprit vers le bien. (26-5-1903)
Quelquefois vous vous dites : N’allons pas là malgré tout vous êtes poussés à y venir. Ce sont vos anges gardiens qui vous poussent ; et ne trouvez-vous pas qu’en sortant d’ici vous êtes allégés, que vous vous sentez plus forts ? (27-11-1894)
Vous serez tous un peu soulagés, mais il faut me promettre d’être sages. Savez-vous ce qu’il faut faire pour cela ; Simplement ne pas dire du mal de son prochain.
Ah ! si, je vous permets d’en dire mais en sa présence ; (12-7-1897)
Tout ce que je vous ai dit et que je vous dis, je l’ai prouvé, car Celui qui m’a envoyé m’a donné le pouvoir de vous présenter des preuves. Y en a-t-il qui puissent dire que je n’ai pas prouvé tout ce j’ai dit ; On lui répondit : « Maître, vous avez tout ce que vous avez dit
»….

Ou dans un récit narré par un des témoins. L’anecdote est ici entière pour comprendre le contexte des propos:
Un épicier, installé dans un quartier populeux et vendant à crédit, vint trouver. Philippe qu’il connaissait déjà et lui dit que son fils, pour qui il avait cependant demandé, malade de la diphtérie, venait de mourir.
– Eh bien ; lui fut-il répondu, je serai chez toi tout à l’heure.
Arrivé à la maison de l’épicier, M. Philippe demanda à celui-ci :
– Y a-t-il beaucoup de gens qui te doivent de l’argent ;
– Oui, tenez, de tous les clients inscrits sur ce gros cahier, c’est à peine si j’ai reçu quelques acomptes.
– Exiges-tu le paiement de toutes ces dettes ?
– Non, et même je vais le mettre au feu.
Et il jeta le cahier dans la cheminée où flambait un bon feu.
Le Maître entra dans la chambre du mort où se trouvaient déjà des personnes venues pour prier auprès de lui.
– As-tu déjà demandé au médecin de constater le décès ;
– Non, je suis allé d’abord chez vous.
Alors le Maître appela le jeune homme par son prénom, et le rendit vivant à son père. Puis il recommanda aux assistants de ne rien raconter de ce qu’ils avaient vu,
« parce que, dit-il, il est défendu de faire des miracles ».
Un jeune homme nommé Fier, qui avait un goître, avait ait demander par M.Laurent sa guérison au Maître.
– A quoi bon, dans un an il doit partir de l’autre côté.
Après cette réponse catégorique, dit M. Laurent, j’osai insister en lui disant :
« Malgré tout je vous en supplie, ô Maître, daignez guérir Fier de son goître ».
Quelques jours plus tard, je vis Fier venir à moi et me remercier d’avoir obtenu sa guérison. Je lui fis remarquer que le Maître seul devait être remercié.
Un an plus tard, le Maître me dit : « Fier est bien malade ; veuillez aller voir si sa mère a quelque besoin ».
Je me rendis auprès de Fier qui était au plus mal. Sa mère en pleurs me dit :
« Vous voyez ma triste situation ; non seulement mon père que vous voyez malade est au lit depuis longtemps, mais mon fils est à ses derniers moments. Cette nuit je vais sans doute me trouver toute seule et j’appréhende de le voir mourir ».
Je fis tous mes efforts pour réconforter cette pauvre mère et, au moment où je lui disais que le Maître m’envoyait à elle, le Maître entrait et, s’approchant du lit de Fier, il dit après quelques secondes de silence :
« Fier, regarde ».
Et, élevant la main il lui désigna un endroit.
– Vois-tu ce que je te montre ?
– Oh ; que c’est beau ;
– C’est beau ; c’est là que tu vas aller. N’oublie pas, lorsque tu seras là, ceux que tu laisses ici-bas.
Puis, après quelques secondes, le Maître dit au jeune homme : « Fier, rends-moi ton âme ».
A ce moment, Fier, dont un sourire baignait les lèvres, poussa un profond soupir et rendit son âme à celui qui la lui demandait.
Mme Boudarel, Mlle Félicie, ainsi que la mère de Fier étaient présentes
.

Comment affirmer dans ce contexte que Philippe de Lyon n’a jamais été appelé Maitre, et pas uniquement par ses disciples, de son vivant?
Nous n’avons par contre, pas connaissance d’éléments pouvant induire qu’il ait demandé d’être appelé Maitre. Cependant, si l’on prend en compte les propos rapportés sous diverses formes quant à l’humilité, comme le « statut » qu’il s’est donné lui-même de « Chien du berger« , il nous semblerait contradictoire d’envisager cette possibilité.

Pour conclure, nous reprendrons une phrase empruntée à Mme Jouffroy Grandjean nous donnant alors une belle illustration de l’appellation de « Maitre Philippe »:

« …Dire Maitre Philipe, c’est reconnaitre la force que Dieu mettait en lui, pour lui permettre de réaliser son destin, sa vocation »

Ne semble-t’il donc pas légitime que Monsieur Philippe ait entendu ou lu ce qualificatif de son vivant?

La thèse de Monsieur Philippe D’Arbresle

La thèse de Monsieur Philippe D’Arbresle peut-être déjà appelé Maître Philipe ou la thèse de doctorat de Nizier Anthelme Philippe de Lyon

La thèse de Monsieur Philippe d'ArbresleLa thèse de doctorat en médecine du Docteur Philippe d’Arbresle, fait Chevalier de l’Ordre du Christ…..
Cette « thèse » dont la couverture affiche le nom Philippe d’Arbresle, mais signée à la fin du dernier feuillet, Nizier Philippe, est datée de 1884, du 23 octobre, pour être exacte.

Son « auteur », Philippe de Lyon, n’est pas encore surnommé « Maître Philippe ». Pour l’heure, Il guérit et soulage, riches et pauvres, depuis plus d’une décennie, selon des livres, dans le quartier de Perrache à Lyon. Nombre de guérisons, plus impressionnantes les unes que les autres forgent sa réputation, tant en France que dans une partie de l’Europe, Italie, Allemagne, Angleterre notamment.

C’est à cette époque qu’il a été élu au conseil municipal de l’Arbresle, dont il ajoute d’ailleurs le nom au sien, en couverture du document: d’Arbresle. N’oublions pas, que c’est également à cette période, du moins si les dates sont correctes, que vont s’installer les séances, à Lyon, 35 rue Tête d’or…..Sans compter un certain nombre de remises de décorations ou diplômes …
Cette période est donc chargée pour Nizier Anthelme. Mais n’est-ce pas le cas finalement depuis son arrivée à Lyon?

Seulement voilà, guérir sans diplôme officiel, délivré par une faculté de médecine, ouvre la voie à toutes les attaques possibles.
Entre deux titres honorifiques, qui lui sont délivrés par des gouvernants étrangers, ou des groupements plus ou moins discrets, tentant de trouver une solution pour permettre à Philippe d’exercer, il y a peut-être la tentation d’obtenir un titre, un tant soit peu honorable.
Ce qui peut alors justifier que l’on trouve une thèse de doctorat en médecine présentée par N. A. Philippe, d’Arbresle pour la circonstance.
Elle ne fait l’objet que de très peu d’allusions dans les livres. En effet, en dehors de deux d’entre eux, il est constamment fait référence aux études de médecines tentées en 1874-1875, qui, selon ces même sources voient Nizier Anthelme etre purement et simplement éjecté de la faculté. Mais pas un mot sur ce document, qui pourtant porte le nom de l’auteur: Monsieur Philippe.

Nous en avons trouvé un exemplaire réédité en 1995, par le Cirem, sous la direction de Robert Amadou, qui en a fait un livret, comprenant, un avant-propos de sa propre plume, la thèse de Monsieur Philippe, et un encart.
Monsieur Amadou précise notamment dans l’avant-propos qu’il n’a probablement pas été tiré d’autre(s) exemplaire(s) du document d’origine, édité donc en 1884.

Cette réédition est un fascicule de 67 pages portant d’ailleurs le titre effectif de « la thèse de Monsieur Philippe », probablement instauré également par Mr Amadou.
Ce n’est pas d’ailleurs la thèse en elle-même qui va être évoquée ici, mais sa présentation.

Point n’est donc besoin de revenir sur la première partie, écrite par le fondateur du Centre International de Recherches et d’Etudes Martinistes, dont la compétence et l’honnêteté du propos n’ont d’égales que l’érudition exprimée en toute humilité sur l’introduction d’un document, qui semble l’interpeller de façon notoire.

Plusieurs éléments le laissent manifestement sur des questions qui ne trouvent pas de réponses, en tous cas, pas dans la thèse elle-même.
Son contenu ne rappelle pas plus que cela ce que nous lisons habituellement de Monsieur Philippe.
D’autres auteurs émettent eux aussi des réserves sur cette étude ; notamment Serge Caillet ou encore Jean Prieur, cités dans la bibliographie, pour le premier, et dans les auteurs évoquant le guérisseur Philippe pour le second.
Dans le même temps, pour ce dernier point, compte tenus du nombre de données remises en questions sur ce site, peut-être les propos tenus dans ce document, sont-ils de Nizier Anthelme….

Cependant, même si ce document semble fictif sur bien des aspects, il se révèle, comme nous allons le voir, en revanche fort instructif sur plusieurs éléments, dont nous n’avons jamais lu grand chose concernant Philippe.

Nous sommes intrigués, essentiellement par ce qui fait office, pensons-nous, de première page de la thèse. On trouve les indications, de l’université dans le cadre de laquelle la thèse est « présentée » , le titre de l’étude, le nom du candidat, sont ensuite indiqués ses précédents diplômes ou titres et pour finir, l’éditeur, qui se trouve à Toulouse (?).

thèse de Philippe de Lyon site philippedelyon.fr

Nous allons commencer par cette université américaine, qui d’après notamment Robert Amadou est purement fictive. Nous noterons que cette formation, de quelque nature qu’elle soit, est américaine, ce qui sous-entend…..

Nizier Philippe parle anglais.

Il est même sensé parler suffisamment couramment la langue pour écrire une thèse de fin de cycle d’études médicales, dans la langue de Shakespeare….!
Nous n’avons pourtant aucun souvenir de langues étrangères parlées par Philippe.
Si nous en croyons ce document, il a donc nombre de professeurs avec lesquels il va échanger, tout à fait régulièrement ; sur plusieurs années… Il s’agit en effet tout de même d’une thèse, d’un examen de fin d’études qui clôture des années d’enseignements reçus.
Or, nous n’avons trace nulle part, dans aucun livre, de ces années d’études, en anglais qui plus est.
Ce n’est peut-être pas le cadre le plus sérieux pour obtenir un diplôme qui pourrait être reconnu, autant par les Etats Unis -du fait de l’hypothétique Université américaine- que par la France.

Nous avons ensuite, la liste des précédents titres de Nizier Philippe, qui nous réserve, dès la première ligne, une surprise de taille:

Ancien élève des hôpitaux de Paris et de Lyon

Depuis quand Monsieur Philippe a-t’il suivi des cours de la faculté de médecine à Paris??
Nous avons les indications publiées dans à peu près tous les livres sur les quelques cours suivis à Lyon, ou plus exactement, sur les guérisons réalisées.
Mais Paris!? Cela pourrait même sous entendre, que peut-être il y a vécu.
Nous avons tout de même l’intitulé: ancien élève des hôpitaux de Paris …?!

Au point où nous en sommes de trouver des données dont la teneur n’a plus tellement de crédibilité, celle-ci pèse un certain poids.

Diplômes, titres et décorations

Nous trouvons ensuite la liste de quelques diplômes, titres et décorations. Il est même indiqué « etc etc » à la fin de la liste, indiquant clairement que la liste est manifestement -nettement?- plus longue.
Nous sommes alors un peu éloignés du portrait habituel de Monsieur Philippe présenté dans les livres.
Le « listing » des décorations est déjà tout à fait conséquent, sans compter celles dont nous n’avons pas connaissance. Et nous ne sommes qu’en 1884.

Cette liste de titres est donc bien plus instructive qu’il n’y parait au premier abord.
Elle nous dit clairement que Monsieur Philippe est Chevalier de plusieurs ordres, qu’il est officier d’autres ordres…!
L’un d’entre eux le consacre « Lauréat de l’institut médical de Toulouse », dont il se trouve que nous avons trouvé trace sur internet, via un journal.
Le titre lui a été remis, précisons-le, six mois seulement avant cette soutenance de thèse et impliquant qui plus est, les mêmes personnes que nous allons trouver en dédicace de la thèse…..

Nous avons ensuite une page dédiée aux enseignants qui faisaient office de jury d’examens. Peut-être y a t’il des personnalités importantes pour Monsieur Philippe dans ces noms, mais nous n’avons pas de données sur cet élément.

La page suivante nous apporte une liste de toutes les personnes auxquelles est dédicacée ce travail.
En dehors de la famille, les personnes figurant sur ces lignes, sont toutes des personnalités rencontrées dans les années précédentes, qui sont manifestement proches de lui, puisqu’il est quand meme question de donner des familiarités à plusieurs d’entre elles.
Ces personnes sont suffisamment importantes pour Nizier Anthelme pour qu’elles se retrouvent en dédicace sur la thèse….! Ce n’est quand meme pas rien et très probablement pas innocent.
Monsieur Philippe est en effet en contact depuis quelques années, avec des gens très aisés, et surtout avec des personnes extrêmement importantes, pour certaines, ou pensant l’être, pour d’autres.

Nous prenons la liberté d’ajouter une anecdote qui ne manque pas de piquant:
Pour en revenir au titre précédemment cité: « Lauréat de l’institut… », remis dans le cadre d’un banquet mesmerien, qui s’est déroulé juste quelques mois plus tôt, en mai 1884, au cours duquel était présentes plusieurs personnes figurant dans les dédicaces de la thèse ici présente….

Philippe de Lyon Nizier Chevalier Ordre du Christ site Maitre Philippe de Lyon philippedelyon.fr

Dont par exemple, le Docteur Surville, organisateur du-dit banquet, en tant que directeur de l’Institut Médical de Toulouse. Lequel médecin est en contact direct avec le Dr Durville à Paris, connu notamment pour son amitié avec un certain Papus Gerard Encausse.
Les docteurs Encausse et Durville vont, dans quelques années, créer l’école pratique de magnétisme et de massage, en 1893, qui sera elle, située à Paris… Une école secondaire, ouvrira à Lyon, en 1895, sur l’insistance de Papus, sous la direction de…Philippe de Lyon, elle fermera en 1898.

Une petite place à l’actualité historique est faite ici, pour préciser qu’à l’époque de « la présentation » de cette thèse, un texte de loi est en train de passer, qui sera confirmé et amplifié par la future loi du 30 novembre 1892:
« Une loi proscrivant le libre exercice de la médecine, qui va entrer en vigueur dans quinze jours, et au droit pour tous les guérisseurs de soigner leurs semblables »
source : le Matin de 1884 -accessible en ligne-
L’exercice de toute forme de soins prodigués hors du diplôme de docteur en médecin délivré par le gouvernement français, s’en trouve codifié et réglementé, de façon tout ce qu’il y a de plus sérieuse.
Voici les premières lignes du texte de 1892:
Qui stipule dès son article premier:
« Nul ne peut exercer la médecine en France s’il n’est muni d’un diplôme de docteur en médecine délivré par le gouvernement français, à la suite d’examens subis dans un établissement d’enseignement supérieur médical de l’État -Facultés, Écoles de plein exercice et Écoles préparatoires…..- »
Dans le cadre de l’enquête sur ce texte de loi, une découverte notable, de plus, est faite:
L’un des intervenants dans ce texte de loi…..N’est plus ni moins que le professeur Brouardel!
Pour mémoire, nous retrouvons ici, un des professionnels de la médecine qui a fait parler de lui, dans au moins deux livres sur Philippe de Lyon: « Maitre Philippe de Lyon Thaumaturge et Homme de Dieu » et « Vie et parole de Maitre Philippe » puisque c’est ce même médecin qui, selon ces ouvrages, est venu assister, en personne, à une séance de la rue Tête d’Or! Il devait ou voulait se rendre compte par lui-même de ce qui lui était rapporté de guérisons inexpliquées…..Il aurait assisté à un phénomène suffisamment extraordinaire pour lui permettre de dire:
« Ce qui vient de se passer est inexplicable par les lois scientifiques actuellement connues ; je ne puis que m’incliner »
A préciser que cette visite se serait déroulée, bien des années après, environ 10 ans plus tard, sur les demandes parait-il insistantes de Nicolas II, Tsar de Russie, de faire délivrer un titre de Docteur en médecine à Monsieur Philippe…
Il dit s’incliner, mais n’interviendra pas pour autant, du moins, en l’état actuel de nos connaissances, pour faire aboutir les demandes du Tsar. Ce sera là aussi l’occasion de remettre un autre titre honorifique, de lui donner le diplôme de Docteur en médecine, russe cette fois, à Philippe de Lyon…
Les textes régissant le ou plutôt les métiers touchant à la santé, sont en train de connaitre un virage très important.

L’école de magnétisme va même se réunir, au siège parisien, sans Papus, dont l’absence est remarquée par la meme source du Matin, pour lutter contre ce texte….!
Nous sommes, il faut le dire, dans une époque, au cours de laquelle les médecins ont la crainte de perdre de la clientèle qui pourrait être tentée d’aller voir vers d’autres praticiens; notamment vers des guérisseurs. C’est aussi l’époque de la naissance des premières mutuelles, et du droit à la création des syndicats de médecins.
Donc dans une période de grand chamboulement social et médical.
Nous apprenons en effet que le nombre de cabinets de « guérisseurs » augmente suffisamment pour inquiéter notoirement le pouvoir médical. Les ouvertures vont être multipliées par 3, rien que sur la ville de Lyon, en l’espace de très peu d’années. Deux d’entre eux, seront même, dans un futur proche, des « élèves » de l’école de magnétisme lyonnaise dirigée par Philippe, à laquelle il est fait allusion plus haut…!
Il y a donc encore moins de raison de laisser en paix Nizier Anthelme Philippe.

Pour conclure, se situe, à la fin du livret, un encart d’une page, consacré à la farine brésilienne, signé de l’éditeur de la première édition de la thèse de 1884: Jules Pailhes à Toulouse
Nous nous trouvons devant un hommage à la composition de cette farine, dont plusieurs éléments viennent du Brésil…
Est-ce à dire que Philippe s’est également rendu au Brésil? Pour étudier et emporter différents composants de ce qui devient un produit précieux vendu en pharmacie.
Il faut préciser, que cette farine sera l’un des objets du titre que nous venons d’évoquer, remis à Nizier Anthelme Philippe, qui devient pour l’occasion: Docteur Philippe, toujours au même banquet mesmerien, cité plus haut à Toulouse!
Le meme banquet en profitera pour lui décerner un autre titre honorifique, et non des moindre:

Chevalier de l’Ordre du Christ….

Un Ordre qui est à l’origine, la plus haute distinction que puisse remettre….le Vatican…!

…dont un ami a répondu sur une question posée de savoir quelle autorité avait un pouvoir suffisant pour remettre un tel titre:
« S’il s’agit de l’Ordre du Christ du Portugal, il s’agit actuellement du Président de la République portugaise. Et depuis 1834 cet Ordre n’est plus qu’honorifique décerné par la Royauté constitutionnelle puis par la République. Il existe un Ordre du Christ décerné par le Vatican et qui posa des problèmes de concurrence entre la Papauté et le Portugal. Enfin, remarquons qu’il survécut au Brésil jusqu’en 1889. Et il a existé et existe encore des Ordres de fantaisie qui se réclament sans aucun fondement de l’Ordre du Christ (Wikipédia dixit).« ….

Précision faite que ce titre ne figure pas dans la liste des honneurs décernés à Monsieur Philippe, indiqués sur la liste que l’on peut voir sur l’illustration….Il fait partie de la dernière ligne…
Nous allions oublier, qu’un futur ami de Philippe, évoqué plus haut, va recevoir cette « haute » distinction……Gérard Encausse -Papus, en 1897.

C’est tout de meme aussi à cette époque que Monsieur Philippe va rencontrer notamment la Princesse Militza du Montenegro et sa soeur Anastasia…..Elles vont faire leur entrée dans la famille du futur Tsar -1894-, Nicolas II….!

Donc, quand nous lisons, dans « Maitre Philippe de Lyon Thaumaturge et Homme de Dieu« , des propos tenus par Nizier Anthelme :
« Si un prince vous donne une DECORATION, portez-la pour ne pas lui faire de peine ; c’est un hochet que l’on déposera une fois chez soi. Mieux vaudrait qu’il n’y en eût pas. »
….Monsieur Philippe sait de quoi il parle. Il est plus que probable qu’il a fait ce commentaire au moment du grand scandale de la Légion d’honneur !
Cette thèse est un document prouvant qu’il a reçu des titres, des décorations et des distinctions au long de sa vie, et ce, même si elles ne figurent pas dans les livres…

C’est ainsi que certains « pouvoirs humains » remercient pour services rendus, ou encore pour essayer de faciliter l’activité, ainsi que les allées et venues de Monsieur Philippe, notamment en Russie. Aucun de ces diplômes, aucune de ces décorations n’aura une quelconque valeur autre que « symbolique ».
La faculté de médecine lui refuse des études et surtout un diplôme, mais certains hommes composant la dite institution, font partie de ces ordres délivrant à tour de bras des distinctions de toutes natures.
Peut-être ces derniers voient-ils dans ces titres purement honorifiques, un possible moyen de compenser ce qu’ils ne veulent pas délivrer officiellement…
C’est autant de données et d’indications sur une partie des vraies connaissances de personnalités, par Philippe de Lyon…

Cet article n’a pas pour objectif de juger, ni de critiquer. Il se fonde sur des faits prouvés et étudiés.
A chacun de se faire sa propre opinion, et d’enrichir ces propos avec des commentaires qui, autant que faire se peut, ne doivent pas créer de polémiques ni critiquer et encore moins juger.
Ces données peuvent sembler partir dans beaucoup de directions….Et pourtant, tout est relié. On peut peut-être considérer que Monsieur Philippe en est l’épicentre.

L’ami auquel nous faisons allusion a lui aussi étudié ce titre de Chevalier de l’ordre du Christ, sur « Les chemins de la Tradition« ….c’est notre façon de nous excuser de l’empreint sans avoir demandé sa permission, pour enrichir cet article.

Les auteurs et livres cités sont répertoriés dans la bibliographie

Clos Landar de l’Arbresle poeme

Vers un hommage au Clos Landar, la maison qui pleure…

site Maitre Philippe de Lyon www.philippedelyon.fr à lépoque de son mariageDimanche 6 octobre 2013, s’est déroulé l’anniversaire des noces de Nizier Anthelme Philippe avec Jeanne Julie Landar, célébrées le 6 octobre 1877, qui augure l’entrée officielle de Philippe de Lyon dans le cadre du clos et dans le même temps, officialise son entrée dans la famille Landar, propriétaire du domaine de Collonges, situé sur la colline du même nom, sur la commune de l’Arbresle.

Ce magnifique poeme rend un superbe hommage des plus émouvants, au bien joli cadeau de l’AMP et de M.Philippe de nous accueillir aussi gentiment.

L’auteur propose de le titrer « le Clos Landar, la maison qui pleure »

Cette riche demeure connue du monde entier,
Elle qui a reçu tant de célébrités,
Notamment tous ces nobles de la cour de Russie,
Des chercheurs de l’époque et des artistes aussi,
Posant sur le perron pour l’immortalité
Ou assis dans le parc tout en buvant le thé.

Pendant qu’à Lyon le Maitre soignait tant de souffrances :
Il venait en aide à toutes désespérances,
Distribuant l’argent au peuple malheureux,
Accueillant les malades et tous les miséreux.
Il expliquait à tous n’être qu’intermédiaire
Et que ses dons venaient toujours par la prière.

Il ne manquait jamais d’enseigner les patients
Avec des phrases simples adaptées à son temps.
Et de nombreux témoins notaient ses commentaires
Que l’on trouve aujourdhui chez de nombreux libraires.
Et dans son officine d’une rue de St Jean
Il préparait des fioles et des médicaments.

Sa fille fut un ange du prénom de Victoire
Qui mourut foudroyée au sein du clos Landar.
Ce fut un coup terrible porté par le destin,
Et qui un an plus tard accentua sa fin.
Et depuis des fidèles venus du monde entier
Sur sa tombe de Loyasse viennent pour le prier.

On entend sa demeure qui pleure de souffrance,
Abimée par le temps, torturée par outrances ;
Là haut sur la colline le domaine est blessé,
Ayant perdu son âme, par tous délaissé.
Heureusement certains encore se souviennent :
Avec humilité comme hier ils reviennent.

écrit le 7 octobre 2013 après une journée organisée au Clos Landar par l’Association Maitre Philippe,
par un Ami

Pour information, le portrait qui illustre ce poeme date de l’époque du mariage de Philippe de Lyon….M.Philippe a environ 28 ans sur cette photo…